Presse burkinabè : La montée en puissance des pseudo-journalistes culturels

Presse burkinabè : La montée en puissance des pseudo-journalistes culturels

Depuis quelques années, le milieu de la presse burkinabè est devenu un véritable fourre-tout, où se côtoient tous types de profils, parfois inadaptés au métier de journaliste. Malheureusement, cette  pagaille dans le secteur a provoqué de sérieux amalgames à telle enseigne qu’il est aujourd’hui difficile de faire la différence entre le bon grain et l’ivraie.

S’il est vrai, selon le dicton, que « ce qui s’assemble, se ressemble », cela ne saurait être aucunement le cas en ce qui concerne, par exemple, les métiers d’animateur et de journaliste. Et cette terrible confusion est encore plus criante dans le milieu de la presse culturelle burkinabè, où il est devenu presqu’impossible, à l’heure où nous traçons ces lignes, d’opérer un véritable distinguo entre un animateur culturel et un journaliste culturel.

Quant au public non averti des subtilités des médias, il n’a pas d’autre choix que d’y voir du feu. Malheureusement, la plupart des animateurs culturels burkinabè, soit par ignorance ou soit par malhonnêteté intellectuelle, se présentent comme des journalistes culturels.

Dans les médias, outre les journalistes, il existe une myriade d’autres fonctions liées à la diffusion de l’information. Il s’agit des rédacteurs, des présentateurs de télévision, des journalistes et des photojournalistes.  Tout ce beau monde, comme on le voit, prend part à la collecte, le traitement et la diffusion de l’information.

Un journaliste (le vrai) présente de l’information, en ayant fait un travail de recueil d’informations ou d’enquête et en ayant recoupé ses sources. Il se doit, à l’arrivée, de la présenter ou de l’expliquer de manière claire et objective.

A contrario, un animateur culturel, également maître de cérémonie ou MC,  présente un événement (table ronde, congrès, promotion commerciale ou autre) ou une émission. Quand il s’agit d’un événement, il est la personne qui donne une coloration particulière à l’événement en employant le ton qui y sied (officiel, cérémonial, humoristique, décalé, festif, etc.), de manière régulière ou par intermittence. Bref,  selon les temps forts de l’événement.

Tandis que sur un plateau télé  ou à une émission radio, l’animateur  crée le lien entre l’ensemble des parties prenantes (spectateurs, auditeurs, invités, spécialistes) et des temps forts (ouverture, interviews, témoignages, animations éventuelles et clôture), mais avec nuance et éloquence.

Séparer les brebis des chèvres

Entre d’autres termes,  l’animateur, garant du timing et du contenu de l’émission, est la courroie de transmission entre les invités,  distribue la parole, rebondit sur les propos des uns et des autres, les oppose ou les met en perspective, etc. Tout en maintenant une posture neutre et bienveillante (il ne prend pas position et ne met aucune expertise en avant), il donne la place et la parole aux différents intervenants et valorise leurs interventions.

Vu sous cet angle, il est clair et net qu’un animateur n’est pas un journaliste. D’ailleurs, en plus des tâches respectives de ces deux métiers, leur principale différence se situe déjà au niveau de leur définition. Animer, c’est présenter au public (à une émission radiophonique ou télévisée) et parler à des invités, tandis que le journaliste est un Professionnel qui travaille à la recherche (c’est-à-dire recueillir ou collecter, traiter et diffuser l’information), à l’analyse et à la diffusion d’informations concernant l’actualité.

Malheureusement, comme relevé plus haut, de nombreux animateurs, dans le milieu des médias burkinabè, continuent de se présenter, contre vents et marées, et toute honte bue, comme des journalistes. Cela est plus perceptible dans la presse culturelle et artistique. Or, il ne s’agit, ni plus ni moins, que d’une grave méprise (pour les animateurs ignorants et le public profane) ou d’une usurpation d’identité (pour les animateurs conscients de leur situation).

Le constat est désolant : les médias burkinabè, et le milieu culturel en particulier regorgent de nombreux usurpateurs. Jusqu’ à quand les animateurs culturels burkinabè continueront-ils de jouer aux journalistes ? Il y a la nécessité donc pour le Conseil Supérieur de la Communication (CSC), les organisations professionnelles de journalistes et surtout les patrons de presse d’œuvrer à séparer les « brebis » des « chèvres » en ouvrant l’œil, et le bon. Car, un journaliste culturel est avant tout, un journaliste.

La Rédaction

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