Images obscènes à la RTB : A défaut de la mère, tétons la grand-mère !

Images obscènes à la RTB : A défaut de la mère, tétons la grand-mère !

Des images obscènes tirées d’une série novelas diffusée sur la chaine nationale ont créé, la semaine écoulée, un tollé général et enflammé les réseaux sociaux. Chacun y est allé de son commentaire tout en n’omettant pas de condamner au passage la Radiodiffusion Télévision du Burkina (RTB) pour cette atteinte aux bonnes mœurs. En réalité, il n’y a rien de nouveau sous le soleil de « la chaine aux cœurs des grands événements ».

Les séries télénovelas sont diffusées depuis plusieurs années sur les antennes de la RTB. Et ces téléfilms à l’eau de rose ont toujours contenu des scènes très osées. Les amateurs de ce type de spectacle télévisé ne vous diront pas le contraire. De plus, croyez-vous que la RTB se serait fendu d’un communiqué pour présenter ses excuses, si elle n’avait pas été épinglée par un internaute sur le réseau social Facebook?

Pourtant, « le cinéma doit être protégé en Afrique. Donc protégé d’abord des agressions culturelles qui finissent par faire de nous autre chose que ce que nous pouvons et devons être. A quoi cela nous servirait-il de laisser projeter dans nos salles des messages qui sont déjà condamnés dans les pays mêmes d’où ils viennent ? Le cinéma, alliance entre le son et l’image, est pour nous un vecteur utile en Afrique parce que nous sommes une culture de l’oralité mais le cinéma ne doit pas être un biais qui distillerait indirectement et de façon malicieuse des messages de propagande », nous avait déjà prévenu le père de la Révolution burkinabè, Thomas Sankara (http://www.thomassankara.net/apprendre-au-peuple-a-aimer…/).

Mais loin de nous toute velléité de faire le procès de la RTB. Car, elle est partiellement ou simplement pas du tout fautive de cette situation. Les télénovelas et autres feuilletons à destination des femmes sont devenus omniprésents sur les écrans africains, et donc burkinabè. Et telle la plus belle femme au monde, la RTB ne peut donner que ce qu’elle a.

En effet, contrairement aux grosses productions américaines, et européennes hors de prix, les télénovelas, qui se caractérisent par leur coût bon marché et donc accessibles à la bourse de nos télés locales, ne peuvent venir que pour pallier la cherté de ces films américains et surtout la faiblesse de l’offre culturelle actuelle. Eh oui !

S’il est vrai que ces séries connaissent un fort taux d’audience, et appréciées par une certaine catégorie de la population, force est de reconnaître que les télévisions burkinabè de manière générale n’ont rien à proposer de « croustillant » à leurs téléspectateurs. Du moins, c’est ce que l’on croit. Hormis les séries à succès dont Affaires publiques, à quand remonte la dernière production ou co-production de la Télévision nationale? Pourtant, c’était la bonne formule trouvée et nous avions même commencé à applaudir la fin des images obscènes à travers les télénovelas de 19 heures 30. Qu’est-ce qui a freiné alors cet élan?

La nature ayant horreur du vide, il ne faut donc pas s’étonner que nos petits écrans deviennent le dépotoir des vomissures culturelles des autres.

Un proverbe bien de chez nous dit qu’à défaut de sa mère, il est préférable de téter sa grand-mère. C’est pourquoi, au lieu de vouer nos télés et la RTB-Télé en particulier aux gémonies, il est plutôt indiqué de mener la réflexion afin de trouver des solutions idoines à cette sécheresse cinématographique qui les frappe. Soit dit en passant, à quoi sert cette fameuse taxe de développement du secteur audiovisuel dont s’acquittent tous les mois des millions de citoyens burkinabè ? Ne peut-elle pas contribuer à la production ou à la co-production d’une série burkinabè sur la RTB? Il est impératif de trouver des réponses si l’on ne veut pas voir un jour de la pornographie sur nos petits écrans.

La Rédaction

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COMMENTAIRES

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    Kira 2 ans

    Absolument d’accord avec l’analyse qui est faite. Cela relance inévitablement le débat sur la création de contenus culturels propres et plus adaptés aux aspirations de nos téléspectateurs. Si nous considérons que la télévision est autant un outil d’éducation que de divertissement, on ne peut plus lésiner sur le financement volontariste et assumé de nos propres cultures. Nous en avons les moyens. Il faut une fois pour toute que nos élites décideurs  se réconcilient véritablement avec le fait que notre responsabilité d’acteur de nos propres devenirs doit être une réalité et assumons nous dans ce rôle. Le CNR de Thomas SANKARA avait tracé la voie. La bataille culturelle est la clef de notre auto détermination. Plus jamais ça a la télé.