Le Grand café avec Rama la Slameuse : Des chroniqueurs clownesques et inquisiteurs

Le Grand café avec Rama la Slameuse : Des chroniqueurs clownesques et inquisiteurs

L’émission « Le Grand Café » enregistrée avec l’artiste Rama la Slameuse a été interdite de passage à la RTB, le samedi 14 décembre 2019. L’équipe de production s’est pour sa part fendue d’un communiqué laconique, pour s’en lever les mains à la Ponce Pilate, arguant évidemment des « raisons indépendantes de sa volonté ». Au regard de la personnalité sulfureuse de l’invitée de cette émission, on imagine aisément les raisons de ce veto posé par la chaîne dite au « cœur des grands événements ».

Comme cela a toujours été le cas, la censure de toute œuvre audiovisuelle, littéraire ou autre a toujours produit l’effet contraire. De nombreux burkinabè se sont, en effet, rués sur les réseaux sociaux, notamment Youtube pour visionner l’émission à polémique. Selon les termes du contrat qui lient les deux entités, toute émission « Le Grand Café » enregistrée doit au préalable être visionnée par les responsables de la télévision nationale avant sa diffusion. Toutefois, il est nécessaire, pour l’avenir, que la RTB et l’équipe de production de l’émission revoient les termes de ce contrat.

En effet, dans les pays développés où ce type d’émissions est légion,  les différentes parties discutent d’abord du choix de la personnalité ou de l’invité de l’émission. Cette démarche a l’avantage d’éviter ce genre de désagréments auquel nous avons assisté. Et même dans le présent cas de figure, il aurait été plus sage de couper les parties de l’émission jugées sensibles. On aurait procédé de la sorte qu’on n’aurait pas perdu le temps dans des polémiques stériles.

Qu’à cela ne tienne, il convient pour l’équipe de production avec à sa tête, l’animateur principal de l’émission, le « Commandant » Papus Ismaïla Zongo de revoir un certain nombre de points. « Le Grand Café » est avant tout une émission de divertissement, et non une émission de débat politique, encore moins un tribunal au sens plein du terme.  Ce n’est pas non plus un interrogatoire de police ou de gendarmerie. Fort malheureusement, les chroniqueurs, à cette émission, se livrent à une véritable inquisition vis-à-vis de l’invité. Un chroniqueur n’est pas un inquisiteur, ou un enquêteur.  Des questions choquantes, indécentes voire ridicules de nature à pousser l’invité dans ses derniers retranchements. Que reste-il à ce dernier, sinon, se défendre? Lamentable pour une émission de divertissement, et pour des individus (chroniqueurs) dont l’unique tâche consiste à faire découvrir les différentes facettes de la personnalité de l’invité en versant dans les insanités. Le chroniqueur doit maîtriser le sujet qu’il aborde. Il ne parle pas avant de réfléchir sinon il tomberait dans l’absurdité. Cette pitoyable confusion de rôles a été, sans doute, l’une des raisons de cette succession d’écarts de langage observés de part et d’autre lors de l’émission.

En outre, l’un des chroniqueurs, pour ceux qui suivent l’actualité culturelle burkinabè, n’avait pas sa place dans cette émission, du moins pour ce numéro-ci. Les relations amicales, puis conflictuelles entre le nommé Hervé Honla et Rama la slameuse ont été traînées dans la boue. La sagesse, le bon sens et un minimum de discrétion auraient donc dû pousser le chroniqueur incriminé à s’absenter, pour cette fois, et suivre « Le Grand Café » depuis son salon afin d’éviter toute humiliation.

Que dire de Rama la Slameuse? Elle est la tache noire de notre musique et du slam, en particulier. Un genre musical pourtant noble et considéré comme celui qui véhicule un message de dénonciation, de sensibilisation, et d’éveil des consciences. Rama La  Slameuse, au plus grand regret de tous, en est tout simplement l’antithèse.

La Rédaction

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