FILO : Une foire, plusieurs interrogations

FILO : Une foire, plusieurs interrogations

Comment promouvoir le livre et la lecture au Burkina Faso ? Telle a été la question de départ que se sont posé à la fin des années 90, les autorités de l’époque à travers le ministère en charge de la culture et, entre autres, l’Association des éditeurs du Burkina Faso (ASSEDIF).

La Direction du livre et de la promotion littéraire (actuelle Direction générale du livre et de la lecture publique) et l’ASSEDIF, pour ne citer qu’elles, menèrent donc la réflexion afin de trouver le cadre idéal. Fallait-il opter pour un salon ou une foire ? La question était posée.

Au final, c’est en mars 2000, lors de la Semaine nationale de la culture (SNC) à Bobo-Dioulasso, que la « fumée blanche » fera son apparition. En effet, dans son discours d’ouverture de la SNC, le  ministre de la Culture, Mahamoudou Ouédraogo annonça que l’Etat, à travers son département, instituera une manifestation qui servira de cadre de promotion du livre, de rencontres entre les professionnels du livre.

Ainsi, était née officiellement la  Foire internationale du livre de Ouagadougou  (FILO). Quelques mois plus tard, le projet est mis en œuvre, avec l’organisation de la première édition de la FILO, qui s’est déroulée du 21 au 25 novembre 2000 dans la capitale burkinabè sous le thème : « Edition et industrie du livre ».

La prochaine édition, c’est-à-dire le 17e rendez-vous de  cette biennale du livre se tiendra, sauf cas de force majeure, du 23 au 26 novembre 2023 à Ouagadougou.

En attendant, force est de constater que beaucoup d’eau ont coulé sous les ponts depuis que la FILO a été portée sur les fonts baptismaux. Avec ses deux décennies d’existence, le temps est sans doute venu pour cette manifestation de faire son autocritique, sinon changer carrément de paradigme.

Quel a été l’impact positif de la FILO sur toute la chaîne de production, sur le secteur de l’édition ou sur les premiers acteurs, en l’occurrence les écrivains en termes de retombées économiques ? Des conférences de presse-bilan ont-elles été initiées ? En attendant des réponses à ces questions cruciales, il faut reconnaitre que le secteur du livre au Burkina connait un relatif dynamisme. En témoignent les régulières sorties littéraires observées ces dernières années au pays des Hommes intègres.

Il ne se passe pas, et les journalistes culturels pourront le confirmer, une semaine ou deux sans dédicace de livre. C’est à saluer. Mais, en dépit de ce « boom » littéraire, les écrivains burkinabè, de notre point de vue, n’ont pas la reconnaissance nationale qu’ils méritent, à plus forte raison le traitement qu’il faut. Pour preuve, sauf erreur de notre part, il n’existe pas, parmi la multitude de cérémonies de récompense que nous avons, une seule qui soit consacrée au monde de la littérature.

A défaut, un « Mois du livre » pourrait être aussi instaurée. Hélas… La Direction générale du livre et de la lecture publique est alors interpellée. La FILO, toutefois pourrait résolument faire sa mue. Le ministère de la communication, de la culture, des arts et du tourisme (MCCAT) est aussi concerné et doit donc jouer sa partition. D’où ces légitimes interrogations : A quand la FILO Nouvelle formule ? Un Mois du livre ? Une cérémonie de récompense des acteurs du livre ?

La Rédaction

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