Tourisme burkinabè : Un voyage avec la presse pour sauver l’économie du secteur

Tourisme burkinabè : Un voyage avec la presse pour sauver l’économie du secteur

Le ministère de la Communication, des Relations avec le Parlement, de la Culture, des Arts et du Tourisme (MCRPCAT) à travers l’Office National du Tourisme Burkinabè (ONTB), a organisé un voyage avec la presse nationale du 14 au 19 décembre 2021. Journalistes, influenceurs et agents de l’ONTB sont allés à la découverte du potentiel touristique dans les régions du Plateau Central, du Centre-Sud et du Centre-Est. Du pic de Nahouri au Ranch de gibier de Nazinga, en passant par la cour royale de Tiébélé ou encore la case de Binger, la randonnée sur Pô et Tiébélé a permis d’apprécier les richesses touristiques dont dispose le Burkina Faso.


Le Burkina Faso, c’est une lapalissade de le dire, est culturellement riche. C’est une véritable destination à ne pas manquer car son patrimoine culturel matériel, immatériel et naturel, s’étendant d’Est en Ouest et du Nord au Sud, renferme autant de mystères que de merveilles. Malheureusement la crise sécuritaire et sanitaire avec pour corollaire la limitation des déplacements, rend difficile le tourisme récepteur. La seule alternative actuellement pour la survie de ce secteur est la promotion du tourisme interne. C’est dans un tel contexte que l’Office National du Tourisme Burkinabè (ONTB), a eu l’ingénieuse idée de proposer un voyage de six (6) jours avec la presse nationale et des communicateurs (influenceurs) sur les réseaux sociaux afin qu’ils mettent à contribution leurs plumes, leurs voix, leurs caméras et leurs audiences pour une grande visibilité des sites et attraits touristiques. Pour le Directeur général de l’ONTB, Kiswendsida Marie Aimé Ouédraogo, il est nécessaire et indispensable, dans ces conditions difficiles actuelles du tourisme récepteur de sensibiliser les Burkinabè et même les étrangers pour une plus grande fréquentation des infrastructures touristiques.

Kadré Sawadogo, Directeur marketing et de la communication de l’ONTB

« Nous avons une économie du tourisme qui a été construite depuis plusieurs années. Est-ce que nous allons laisser cette économie sombrer parce que les touristes ne viennent plus de l’extérieur ? Non, je pense que les Burkinabè doivent maintenant montrer leur patriotisme touristique. Il s’agira une façon résiliente pour eux de faire face au terrorisme, de faire face aux conséquences liées à la crise à coronavirus en visitant les sites touristiques, en fréquentant les établissements d’hébergement, en mangeant dans nos restaurants. C’est dans cette dynamique que nous allons sauver l’économie du tourisme », a confié le Directeur marketing et de la communication de l’ONTB, Kadré Sawadogo.

Alors, 23 journalistes et 9 agents de l’ONTB, depuis le 15 décembre dernier, ont déjà parcouru quelques sites et attraits touristiques. Ils ont visité le pic de Nahouri, le ranch de gibier de Nazinga, les cases traditionnelles kassena, la case de Binger, etc.

Le pic de Nahouri

Le pic de Nahouri est un site naturellement extraordinaire qui accueille les visiteurs du monde entier

Dans la province de Nahouri, il est érigé un pic appelé pic de Nahouri. Il est situé à 19 kilomètres de Pô. Ce site suscite depuis des années la curiosité non seulement des Burkinabè mais aussi des étrangers. Sa particularité repose d’abord, sur son origine mystérieuse. Selon le guide touristique, Wébilera Natiaga qui raconte, les ancêtres sont tombés du ciel sur le pic. Ils étaient deux frères. Le plus grand Doudouwra dans sa décente n’est pas blessé, par contre le petit-frère Assa s’est fracturé le pied. Son grand-frère l’aurait alors abandonné et c’est le pic qui aurait soigné son pied. Il décida désormais de rester auprès du pic pour lui exprimer toute sa reconnaissance en baptisant le village « Na-houri », qui signifie en kassena, le nombril de mon ancêtre.

Le pic de Nahouri séduit par son élévation de 447 mètres d’altitude, avec une allure plus ou moins circulaire et étagée. Deuxième plus haut site du genre après le Mont Ténakourou, le pic de Nahouri sert non seulement de distraction mais aussi de sport pour les populations. Il est organisé des activités sportives chaque année dont l’« Altitude Nahouri ». Une excursion permettrait de contempler davantage ce joyau naturel et d’appréhender aussi son mythe et légende.

Les cases traditionnelles Kassena

Nous étions à Tiébélé, à 30 kilomètres de la ville de Pô. Il regroupe, à en croire notre guide du jour, Anê Abdou Bayeridiena,  plus de 67 villages et 74 000 habitants. « Le village de Tiébélé a été fondé dans les années 1600 par un prince mossi qui a quitté Loumbila pour venir par-là », a-t-il expliqué.

La case en forme de chiffre 8 chez les kassena peut contenir plus d’une trentaine de pièces

A Tiébélé, l’architecture kassena vous émerveille de par son apparence multiforme. En effet, les habitats, notamment les cases traditionnelles relèvent d’une ingénierie intrinsèque. On dénombre trois formes de case. Les cases kassena en forme du chiffre 8 qui sont les plus importantes donc, sont réservées aux personnes âgées et leurs petits-enfants de 3 à 15 ans. Les cases rectangulaires quant à elles sont habitées par le jeune couple. Et enfin les cases rondes en toit de chaume accueillent les célibataires hommes. « Il n’y a pas de cases pour la fille célibataire. Elle va dans la case en 8 avec les personnes âgées jusqu’au jour de son mariage », a souligné le guide local. Dans ces habitats, les marches vers les maisons à hauteur sont accessibles à travers une échelle en bois. A l’intérieur des pièces familiales, il y a toujours une chambre et une cuisine. La hauteur de ces concessions dépasse à peine 1 mètre. Il faut marcher toujours abaissée pour ne pas heurter la tête contre la toiture. Cette architecture kassena tient compte de l’attaque de l’ennemi en tant de guerre. De ce qui a été avoué, c’est l’homme qui se charge de la construction des cases et les femmes font la décoration en pays kassena.

La case de Binger

La case où a séjourné Binger en 1887

C’est le même constat à Tiakané, un village situé également à 7 kilomètres de Pô, sur la route Pô-Nazinga. Dans la cour royale, une case où aurait séjourné l’explorateur Binger pendant 3 mois (juillet à novembre 1887),  est une forteresse en terre cuite. « Elle a été construite par les villageois pour se protéger contre les attaques ennemis et c’est là où a habité Binger. C’est pour cela on l’a baptisée la case de Binger », a expliqué Martin Bouliou, guide de la case de Binger de Tiakané.

Ranch de gibier de Nazinga

Dans l’odyssée de l’ONTB avec la presse, la forêt classée et le ranch de gibier de Nazinga ont été également visités. D’une superficie de 97 200 hectares, ce site a été créé en 1979. On y trouve plusieurs espèces animales, à savoir des éléphants, des buffles, des antilopes, des singes, des phacochères, des crocodiles, des calaos, etc. Le paysage vert présente une flore parsemée de caïcedrats, de baobabs, de lianes, de fromagers, etc. A entendre le Lieutenant des Eaux et forêts, Ousseni Ganemtoré, choisir le ranch de gibier de Nazinga comme destination vous garantit plus de chance de découvrir de ses propres yeux, plusieurs espèces animales compte-tenu des aménagements qui y sont faits. « Nous avons dix plans d’eau. Pour une aire protégée ce qui retient plus les animaux, ce sont les plans d’eau. Nous les avons ici », a-t-il soutenu.

Lieutenant des Eaux et forêts, Ousseni Ganemtoré

Au ranch de Nazinga, il y a des campements qui offrent différents services, tels que l’hébergement, la restauration, etc. Dans le campement d’éléphant, le propriétaire Benjamin Bassono a offert un buffet à ses invités au déjeuner. Au milieu d’une aire calme et paisible, cet espace offre toutes les commodités d’un établissement hôtelier de la ville. C’est d’ailleurs, la vision de M. Bassono, « offrir le luxe que vous avez l’habitude de voir dans le centre-ville, en brousse mais en étant dans la verdure ». Il recevait, de sa confidence, entre 6000 et 7000 visiteurs en 2012, mais depuis la crise sécuritaire, c’est entre 4 et 5 visiteurs par an. Vivement que le tourisme interne sois plus pratiqué afin de pouvoir sauver l’économie de ce secteur.

Ram OUEDRAOGO

Kulture Kibaré  

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