Lettre ouverte au DG du BBDA: Un écrivain de Nouna évoque la « suspicion de copinage » sur certains bénéficiaires du FPC

Lettre ouverte au DG du BBDA: Un écrivain de Nouna évoque la « suspicion de copinage » sur certains bénéficiaires du FPC

Ceci est une lettre ouverte au Directeur général du Bureau Burkinabè du Droit d’Auteur (BBDA), Wahabou Bara. Elle renferme des remarques et interpellations de l’écrivain burkinabè, Gérard Sanou, résidant à Nouna. Sur les bénéficiaires du Fonds de promotion culturelle (FPC) du BBDA, il évoque la « suspicion de copinage et aussi de privilège accordé à certains promoteurs » et s’interroge sur les critères de sélection, dit-il, en défaveur des écrivains des provinces ainsi que le quota par région, etc. Sans se jeter dans la critique facile, il fait également des propositions et invite le BBDA à sérieusement revoir le traitement de ses littéraires membres qui résident hors de la région du Centre. 

SANOU Gérard Ecrivain résidant à Nouna Carte de membre N° : A100000595 Tel 71 32 45 01

 A

Monsieur le Directeur Général du Bureau Burkinabè du Droit d’Auteur (BBDA)

Lettre ouverte

Monsieur le directeur, par cette lettre ouverte, je voudrais vous exprimer les sentiments qui animent l’écrivain résidant en région que je suis après la publication des RESULTATS DE L’APPEL A PROJETS CULTURELS POUR FINANCEMENT PAR LE FONDS DE PROMOTION CULTURELLE-BBDA

Avant tout propos, permettez-moi de vous exprimer ma gratitude pour ce souffle nouveau apporté à notre tribune commune. J’en veux pour preuve le nombre sans cesse croissant des adhérents.

Pour ma part, et je pense qu’il est ainsi pour d’autres membres, j’ai adhéré au BBDA en premier lieu pour bénéficier du soutien financier afin de concrétiser mes rêves. C’est avec enthousiasme que postulé au PROJET D’APPEL CULTUREL POUR LE FINANCEMENT PAR LE FOND DE PROMOTION CULTURELLE-BBDA. En me présentant, je nourrissais la ferme conviction de bénéficier de ce financement. Comme le dit l’adage « aller en guerre sans espoir de la gagner c’est déjà la perdre ».

Je savais aussi que je pouvais ne pas être retenu vu le nombre de places et aussi le nombre de dossiers que j’imagine être étoffé. Cependant ce qui suscite en moi ce sentiment de regret, c’est la répartition géographique des bénéficiaires.

En effet, sur un total de quatre-vingt-onze (91) bénéficiaires, la Région du Centre à elle seule s’en sort avec soixante-cinq (65) bénéficiaires, suivie de très loin par la Région des Hauts-Bassins avec seulement huit (08) Bénéficiaires. Le Centre se taille donc la part du lion. C’est du moins le premier constat qui saute à l’œil.

Pour le cas spécifique des catégories littéraires et à titre illustratif, sur les cinq (05) bénéficiaires un seul réside hors du Centre. Ce seul cas me semble être l’exception qui confirme la règle et qui tend tout simplement à saper un malaise.

Monsieur le Directeur General, l’écrivain qui réside en Région s’interroge : Qu’est qui n’a pas marché pour les Régions ? N’y a-t-il pas de talents dans nos Région ? Les critères de choix étaient-ils en défaveur des Régions ? Des critères subjectifs ont-ils prévalu ?

Seules des réponses à cette série de questions pourra rassurer les postulants qui, comme moi, résident dans les autres Régions. Au cas contraire, il est fort à parier que les Directions régionales se verront délaissées au profit du Centre qui semble avoir une longueur d’avance ; qui semble porter plus de chances.

Monsieur le Directeur Général, cette lettre se veut être une interpellation et aussi une proposition. Ainsi donc, afin de permettre une meilleure répartition des bénéficiaires, je vous propose de : fixer un quota pour les Régions. Revoir la composition de la commission de sélection des dossiers en y associant un représentant par Région. Faire suivre le nom du bénéficiaire par celui de son lieu de résidence. Ceci permettra une meilleure traçabilité. Comme on le dit, en province chacun connaît chacun. Faire figurer le nom du promoteur ou de la maison d’édition devant celui de l’heureux bénéficiaire. Cette disposition permettra de dissiper la suspicion de copinage et aussi de privilège accordé à certains promoteurs. Monsieur le directeur général, en tant qu’écrivain, je m’en voudrais de ne pas faire une proposition dans le sens d’augmenter le nombre de bénéficiaires pour les catégories littéraires.

Cinq (5) places sur un total de 91 bénéficiaires. Convenez avec moi que ce nombre est dérisoire. Vous n’êtes pas sans savoir qu’une œuvre littéraire n’est exploitable, c’est-à-dire rentable qu’à partir du moment où il est un produit fini. Tel n’est véritablement pas le cas pour certaines catégories qui peuvent autofinancer en amont. Ce ne sera donc justice et équité que l’augmentation sensiblement du nombre des bénéficiaires pour les catégories de littérature.

Je vous prie de recevoir mes sincères et cordiales salutations.

SANOU Gérard

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COMMENTAIRES

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    Bonjour camarade Sanou. Je partage votre point de vu. Cependant je souhaite que revoyez un point crusial. Ouagadougou est le centre des activités artistiques quoi qu’on face. C’est normal parce qu’il regroupe un nombre important d’artistes. Certains artistes vivants ailleurs ont élis domicile pour ce professionnaliser. Ce qui n’ai pas du tout une fierté. Il y a doc là un combat. Il faut qu’on se revelle maintenant. Sans être l’avocat du diable, je pense qu’il y aura un vrai problème. Le vrai problème serait de chercher à équilibrer. Pourquoi chercher à faire la promotion de nul? Je m’oppose donc à cette idée et sans aller trop loin, on gagnerait tous lasser tomber cette manière de cultiver chez certains esprits faible la haine que peut-être engendrera une crise sociale entre créateurs/acteurs de plusieurs régions. Parlons franc, au nom d’une communauté ! On gagnera. Je suis auteur, mais le moindre (humour), j’écris mieux que moi même, j’ai toujours postulé au FPC du BBDA, depuis que ce dispositif existe. Je n’ai pas encore bénéficier de cette aide, je suis né à Ouaga et j’y habite. Vous comprenez ça. Alors, je vous rejoindrai maintenant. Il ne suis pas le seul, c’est sûr. Il faut donner la chance à tout le monde d’avoir la chance. Le système actuel du FPC est rouillé. Pas de transparence. Qui est le jury ? C’est quoi sa mission ? Quels sont les critères de sélection ? Les gens sont retenus sur quelles bases ? Alors, il ne faut jamais caresser le nombril parce qu’on a peur du pubis. Je me joins à vous pour dire au directeur qu’un bijoutier ne peut pas construire un mur; il n’est pas maçon. Le BBDA doit revoir tout son système et même c’est instance. Le BBDA n’est pas un Sénat! C’est la clef de l’épanouissement de l’artiste, de tous les artistes burkinabé sans exception. Mr Sanou, dites que nous attendons de lui beaucoup (s) de changement. Nous sommes sous un autre ère. Et le plus rien ne sera comme avant qui fait partir mr Compaore doit résonner dans notre pas commun. Mr Sanou, merci pour cette lettre. Elle s’adresse à tout le monde.

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    Duvolcan 3 ans

    L’écrivain, c’est d’abord l’incarnation de la sagesse et de la réflexion productive et conciliante