Ambassadeur du droit d’auteur en littérature: La clé de répartition du BBDA est-elle rationnelle et judicieuse?

Ambassadeur du droit d’auteur en littérature: La clé de répartition du BBDA est-elle rationnelle et judicieuse?

Suite à la publication de notre article « Droit d’auteur : Comment est-ce possible ? », le 11 mai dernier en rapport avec les écrivains et auteurs d’œuvres littéraires, les réactions ont jailli. Certains littéraires ont réagi sur la désignation des ambassadeurs du Bureau Burkinabè du Droit d’Auteur (BBDA). L’amalgame à ce niveau, crée toujours la confusion.

Il s’agit par exemple du Président de la Société des Auteurs des Gens de l’Ecrit et des Savoirs (SAGES), Koba Boubacar Dao, par ailleurs ambassadeur désigné du BBDA, au titre d’auteur en littérature. Dans un entretien qu’il a accordé à Kulture Kibaré, quelques jours plus tôt, celui-ci a confié n’avoir pas  d’œuvres éditées, ou simplement publiées en catégorie littérature. Alors, de quoi peut-il se prévaloir être le Président de la SAGES, logiquement, qui regroupe des auteurs qui disposent au moins d’une œuvre éditée ou publiée ?

Sur la question, l’écrivain membre de la SAGES, Ansomwi Ignace Hien a expliqué que l’Association regroupe aussi bien des auteurs que des lecteurs. « Il y a des acteurs du livre qui travaillent dans le domaine de la lecture, qui s’efforcent de faire la promotion du livre à travers la lecture. Ces personnes par exemple, font partie de la SAGES ». En principe quand on est membre, informe-t-il, c’est en fonction de ses compétences et de ses qualités qu’on est éligible. « Je ne pense pas que ça soit réservé uniquement aux auteurs. Parce qu’alors, il y aura une discrimination au sein de l’association et ce n’est pas une bonne chose », a-t-il indiqué. De son avis, le Président de la SAGES n’a pas besoin de disposer d’une œuvre éditée ou publiée pour être éligible.

Mais, qu’en est-il du titre d’ambassadeur du BBDA ? La maison burkinabè de la gestion collective de droit d’auteur et droits voisins a désigné ses ambassadeurs sur la base, semble-t-il, des auteurs qui ont récolté  le plus de droits. Cela semble paradoxal qu’un auteur qui ne dispose d’aucune œuvre éditée en littérature, soit plus nanti en termes de droits au détriment des auteurs qui ont plusieurs livres édités et publiés à leur actif ! Qui plus est, ce dernier devient de facto ambassadeur littéraire du BBDA, supplantant des écrivain(e)s chevronné (e)s en matière de droits : Ansomwi Ignace Hien, Baba Hama, Bernadette Dao, Hadiza Sanoussi, etc. Peut-être qu’il y a lieu de revoir la clé de répartition qui ne paraît pas rationnelle et judicieuse. Sinon, il y a une flagrante iniquité.

En effet, loin de s’imaginer un «copinage» ou un choix arbitraire de désignation d’ambassadeur dans la catégorie littérature au BBDA, la démarche paraît pourtant ambiguë. Le Directeur général du BBDA, Wahabou Bara, doit ouvrir vraiment l’œil sur le travail que font ses techniciens, car ce n’est pas du tout un cas isolé.

Il y a aussi celui de l’ambassadeur du BBDA  pour le compte des éditeurs. Si le principal critère, selon le BBDA,  est le membre qui a obtenu le plus de droits, le doyen Jacques Guégané qui est à la retraite depuis belle lurette, pourrait bien certainement recommander des éditeurs qui sont pleinement en activité. Suivez notre regard…

Fonds exceptionnel de solidarité

Les ambassadeurs sont-ils rémunérés, motivés  ou est-ce du bénévolat ? Koba Dao Boubacar, fonctionnaire salarié (inspecteur de l’enseignement secondaire), dit céder ses droits en solidarité aux  auteurs «nécessiteux» du BBDA. Pourtant, le Conseil extraordinaire d’administration avait déjà annoncé que les fonctionnaires n’émargeront pas au Fonds exceptionnel de solidarité dans le cadre du Covid-19. Un coup d’épée dans l’eau ? Et de quel droit s’agit-il? Le fonctionnaire Dao est exclu d’office dans la répartition des 150 millions de FCFA ? Aussi, sans aucune œuvre littéraire éditée reconnue au BBDA, ou supposons même que l’intéressé ait pu obtenir des droits consistants en tant que fonctionnaire, par exemple en théâtre, puisqu’il s’est présenté comme comédien, metteur en scène et dramaturge, que deviennent alors Ildevert Medah, Aristide Tagnarda et autres ?

Ce flou demande une clarification de la part des premiers responsables du BBDA pour éviter la grogne qui monte dans le cercle des écrivains, des éditeurs et même des professionnels de la scène. La « confidentialité » dont les services techniques du BBDA se prévalent ne saurait donner prétexte à du népotisme. Vivement que les choses soient plus claires !

La Rédaction

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