Théâtre : Des comédiens font revivre Jean-Pierre Guingané à travers « Le cri de l’espoir »

Théâtre : Des comédiens font revivre Jean-Pierre Guingané à travers « Le cri de l’espoir »

La pièce de théâtre « Le cri de l’espoir », a été présentée par la Compagnie Théâtre de la Fraternité, le 29 octobre 2019 à la salle Sony Labou Tansi de l’Espace culturel Gambidi, dans le cadre de la 17e édition du Festival International du Théâtre et de Marionnettes de Ouagadougou (FITMO). Une création de Jean-Pierre Guingané qui replonge les festivaliers dans la république très très démocratique de Mamane.

Accueilli par des cris de sympathie et des vives ovations de la foule, le président de la république s’adresse à son peuple. Son discours est truffé de démagogie et les éloges ne tarissent point sur sa politique. Il venait juste d’instaurer les bases d’une gouvernance réduite à sa personne et fondée sur ses propres intérêts et celui de ses collaborateurs. Dans son Etat, une politique de financement  du cinéma a été adoptée.

Zida, un réalisateur engagé, va tenter dans son projet de film de dépeindre les  réalités que vivent les populations. Son scénario ne s’inscrit pas dans la dynamique du président et son gouvernement qui veulent pourtant des films de propagande. Le projet est tout de suite perçu comme de la révolte. Zida se voit refuser le financement. Contre vents et marées, il finit par décrocher une production des partenaires étrangers.

Selon le metteur en scène de « Le cri de l’espoir », Hamadou Mandé, cette pièce a été écrite en 1986 par l’éminent professeur de théâtre et membre fondateur du FITMO, feu Jean-Pierre Guingané. « Elle a été écrite dans le contexte de la situation de la révolution au Burkina Faso qui posait un problème de société qui va au-delà des réalités burkinabè. C’est la question des obstacles sur le chemin de la création. Et la question également de rapport entre les créateurs et les puissances politiques. Vous constatez dans la pièce un cinéaste engagé qui est, sur la voie de la réalisation d’un film mais qui n’a pas les moyens. Il espère alors avoir un soutien. Il se trouve que dans le même temps le pays qui passe pour être un pays, effectivement démocratique et qui soutient les artistes a lancé une année de célébration de cinéma pour soutenir des artistes qui vont faire des œuvres de bonne qualité. Mais il se trouve qu’entre le discours et la réalité, il y a un véritable fossé. Là, on va voir comment les obstacles vont être dressés sur son chemin non seulement par des individus mais aussi par le système en place qui est tout sauf un système démocratique », a-t-il expliqué. Il croit bien qu’il existe beaucoup de pays africains qui se retrouvent un peu dans cette caricature à l’image de la république très très démocratique de Mamane.

Autour de cette représentation il y a un ensemble de problématique très sérieux comme la question de développement des pays du tiers monde, la question de l’engagement et de la responsabilité de certains dirigeants et surtout l’écart entre les campagnes et les cités urbaines. Le choix de la pièce n’est pas un fait du hasard.

« Cette pièce reflète aussi ce que nous avons retenu comme thème de cette édition du festival : Art, cohésion sociale et intégration des peuples. Parce qu’il ne peut pas avoir de cohésion sociale ni d’intégration tant qu’il n’y a pas un minimum de justice sociale, de respect du droit des peuples. Et parmi toute la panoplie de pièce de Jean-Pierre Guingané, c’est celle-là que nous avons retenue pour lui rendre hommage et également pour la célébration de notre trentième anniversaire », a renchéri le Docteur Hamadou Mandé.

Malick SAAGA

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