Théâtre : Le désintéressement du grand public burkinabè

Théâtre : Le désintéressement du grand public burkinabè

En dépit de ses fonctions sociologiques de divertissement, d’éducation, et de dénonciation, entre autres, le théâtre burkinabè, à l’instar de celui d’autres pays africains, semble plonger de manière irréversible depuis quelques années dans une léthargie sans précédent.

En effet, les représentations théâtrales de belle facture, tout court, se font rares, comme une crème glacée au désert. Il est vrai que l’Atelier Théâtre Burkinabè (ATB), et le Carrefour International du Théâtre de Ouagadougou (CITO) proposent de temps à autre des pièces mémorables, mais la tendance générale est à la baisse en termes de rendement. C’est d’ailleurs le lieu de saluer le travail abattu par les premiers responsables et les acteurs de ces structures suscitées, sans oublier ceux des Récréatrales qui font chaque année, au passage un excellent travail. « C’est bon, mais ce n’est pas arrivé », dit la maxime populaire.

A la décharge des acteurs de notre 6e art (théâtre), les arts de la scène, faut-il le reconnaître, sont victimes de plusieurs facteurs à l’origine de cette stagnation.

Primo, la vague de films, et de séries à gros ou petit budget, survenue ces dernières années au Burkina Faso, a fini par inonder les planches. De nombreux acteurs burkinabè au lieu d’effectuer des aller-retour ont ainsi préféré « se sédentariser » au cinéma et à la télévision. Mais ont-ils eu tort de le faire? Le théâtre nourrit-il son homme? Mais, c’est une autre histoire…

Secundo, le public friand de théâtre, au début des indépendances jusqu’au milieu des années 90, est littéralement en voie de disparition. La nouvelle génération plus influencée par le 7e art, internet et ses tentacules de réseaux sociaux ne se bousculent donc plus aux portes des salles de spectacles, du moins pour les représentations théâtrales. D’où la nécessité d’une relance du théâtre scolaire pour non seulement gagner cette frange de la population, mais surtout assurer la relève de notre 6e art.  Aussi, il revient  aux autorités en charge de la culture d’accorder une place de choix au théâtre dans les différentes politiques de financements du département.  Car, le théâtre, et les autres arts souffrent de la suprématie de la musique, comme c’est le cas du Football au sport.

Cependant,  pourquoi ne pas songer à la création d’événement culturel national et international d’envergure au théâtre à l’image du FESPACO au cinéma. Cela pourrait faire (ré) naître des talents, susciter une saine émulation, et attirer à nouveau le public. Quant aux acteurs, ils doivent  savoir vendre leur art, et leur talent. Une pièce de théâtre ne doit pas être montée et présentée uniquement à Ouagadougou. Au contraire, elle  doit parcourir les quatre coins du pays, et la sous-région. Eh, oui. Il faut faire montre d’une ambition sans commune mesure. Innovation, innovation, et encore innovation doivent être les maitres mots. L’avenir du théâtre, que dis-je, notre théâtre doit être pris au sérieux. Dans le cas contraire, nous aurons perdu une partie de notre culture, et donc de notre âme.

 La Rédaction

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