Maisons d’édition burkinabè : Un géant aux pieds d’argile

Maisons d’édition burkinabè : Un géant aux pieds d’argile

S’il y a bien un secteur qui est en pleine expansion au Burkina Faso, c’est bien celui de la littérature, avec l’apparition de maisons d’édition, créées et gérées par des Burkinabè. Les responsables sont donc à féliciter pour cette ambitieuse initiative, au regard du faible engouement des Burkinabè pour la lecture.

Les traditionnelles  entreprises d’édition européennes voient, ainsi, d’année en année, leurs parts de marché réduites  comme peau de chagrin. Qu’à cela ne tienne, les anciens et les nouveaux venus ont chacun leurs « auteurs maison », comme on dit. Il n’y a donc pas de quoi fouetter un chat. Il y a de la place pour tout le monde. Et c’est tant mieux pour le business. Les éditeurs européens n’ont, de toute manière, en ce qui les concerne, plus rien à prouver en terme de prestation. Malheureusement, cela n’a toujours pas été le cas des maisons d’édition burkinabè.

Venons-en aux faits. De nombreux auteurs burkinabè, peut-être en raison d’une méconnaissance ou par un déficit de publicité de la part des éditeurs burkinabè, continuent malheureusement de publier des livres à compte d’auteur. Cette option, certes, recèle sans doute  des avantages, mais il revient aux responsables des maisons d’édition d’aller à la rencontre des jeunes auteurs ou d’organiser des opérations de charme tous azimuts (ex: des journées portes ouvertes) en direction de ces auteurs.

De plus, pour être attractifs, et surtout compétitifs sur le marché du livre, nos maisons d’éditions gagneraient à tendre, en permanence, vers la perfection absolue en soignant un certain nombre d’aspects. En effet, la présentation, par exemple, de la première de couverture et la quatrième de couverture doit être travaillée pour attirer les lecteurs, et également d’autres romanciers à la recherche d’éditeurs. Car, comme pour le journal papier, la couverture est la vitrine du livre, de son contenu et de son auteur. Malheureusement, la plupart des livres édités sur place présentent des couvertures dont l’esthétique laisse à désirer. Toute chose qui concourt naturellement à éloigner les potentiels lecteurs.

L’autre aspect, et non des moindres est le contenu des livres. La plupart des ouvrages publiés au pays des Hommes intègres, faut-il le dire, sont truffées de faute de vocabulaire, d’orthographe, etc. Cela ne rend pas la lecture aisée et  par ricochet décourage le lecteur de poursuivre sa lecture, ou le candidat à l’édition.

En somme, il est évident qu’il sera difficile, dans de telles circonstances, d’aller à la conquête du marché national, encore moins sous-régional et international. C’est pourquoi, les éditeurs burkinabè doivent revoir leur copie, au propre comme au figuré. Des maquettistes, graphistes, infographes professionnels, et surtout des correcteurs professionnels doivent être impérativement sollicités, du moins pour toute maison d’édition qui se veut responsable.

Le Burkina Faso regorge à la pelle de telles compétences. Ne dit-on pas d’ailleurs que qui veut aller loin ménage sa monture? A bon entendeur…

La Rédaction

CATEGORIES
MOTS-CLES
Partager

COMMENTAIRES

Wordpress (0)