Décoration des acteurs de la culture : Ils défendent leur médaille

Décoration des acteurs de la culture : Ils défendent leur médaille

Le ministre de la Culture, des Arts et du Tourisme (MCAT), Abdoul Karim Sango a célébré le mérite d’une quarantaine d’agents de l’administration publique et d’acteurs culturels privés, le 15 décembre 2020, dans la cour du Musée National, à Ouagadougou. Ils ont reçu chacun une médaille, traduisant ainsi les loyaux services rendus à la nation.

Qu’ont-ils accompli pour mériter toute la reconnaissance de l’Etat burkinabè ? Nous avons interrogé quelques récipiendaires, au cours de la cérémonie de décoration. Ils étaient en tout, 47 agents  de l’administration publique et d’acteurs privés de la culture, des arts et du tourisme, à recevoir leurs médailles. Ce sont sept (7) ordres nationaux et quarante (40) ordres spécifiques dont un seul commandeur de l’ordre du mérite des arts, des lettres et de la communication avec agrafe arts, attribué à Louis Achille Yameogo, chargé de mission au MCAT.

Qu’ont-ils réalisé de plus que les autres pour mériter cette reconnaissance?

Aboudou Dabo dit Abou Dabs est un visage bien connu du rouage culturel. Il est de la société civile culturelle et milite au sein de la Coalition pour la renaissance artistique au Burkina Faso (CORA-BF). Il a été élevé au rang de chevalier de l’ordre du mérite des arts, des lettres et de la communication avec agrafe arts. Exprimant ses sentiments de joie, il explique pourquoi il été décoré. « J’ai participé à l’action de production. Je fais partie de l’un des premiers managers du Burkina Faso, depuis 1992. Personnellement, je crois que c’est au regard des gens que j’ai formés dans le monde de la culture, dans le système du management et aussi au regard de l’action de la préservation de la mémoire de la culture, en éditant des livres mais également en accompagnant l’action de tous les acteurs de la musique pour l’éclosion et la valorisation de leur art. Il y a aussi la question des luttes pour améliorer les conditions de vie et de travail du monde de la culture. Il y a ce compartiment que je trouve très important. Il y a un autre compartiment lié plus à la danse. Parce que, j’ai pris la décision d’apporter mon expertise et ma connaissance sur une danse urbaine, propre au Burkina Faso qu’on appelle le Kalma. J’ai pris cette décision d’en faire un patrimoine national et de faire rayonner la musique et la danse burkinabè à l’international », a indiqué Abou Dabs, qui se définit comme consultant en conception réalisation de l’évènementiel des arts, des festivals et des carrières artistiques.

Laure Guiré est une comédienne de théâtre et de cinéma. C’est grâce à la Confédération nationale de la culture (CNC) à travers la Fédération nationale du cinéma et de l’audiovisuel (FNCA) que le mérite lui a été reconnu en tant chevalier de l’ordre du mérite des arts, des lettres et de la communication  avec agrafe arts. «  Depuis 1996 que je suis dans le domaine. Je fais du théâtre, mais j’ai commencé le cinéma depuis 2004. Je me dis que c’est par rapport à tout ce que j’ai fait dans mon domaine … Concrètement en tant que comédienne, j’ai quand même joué dans pas mal de pièce. J’ai fait tout le Burkina Faso avec des pièces de sensibilisation sur des thèmes bien précis sur certains fléaux qui minent la société. C’était en tant que comédienne de théâtre. Dans le cinéma, je sais que c’est hors de nos frontières qu’on parle toujours du Burkina Faso, quand je vais au Congo, au Gabon, tout temps on m’interpelle, maman Fany … On se dit quand même quelque part qu’on a laissé des marques. Aussi, en tant que présidente de l’Association burkinabè des comédiennes et comédiens de cinéma, on mène des actions pour la promotion et aussi pour défendre les intérêts des comédiens de cinéma. Je pense que tout ça réuni me fait mériter la médaille », a-t-elle confié. Pour elle, cette reconnaissance l’exhorte à mieux faire.

Lui, c’est un agent du MCAT avec 10 ans de service. Il s’appelle Alexandre Bassolé. Mais depuis 5 ans, il est le chef de service de l’exécution budgétaire et comptable au niveau de la DAF. Désormais, c’est un chevalier de l’ordre du mérite des arts, des lettres et de la communication  avec agrafe arts. Pour avoir mérité la médaille, il se défend. « Quand on prend le budget du ministère, en terme d’exécution, c’est mon service qui s’en occupe. C’est nous qui faisons les engagements et depuis plusieurs années, on réussit 95% à 96% de taux d’exécution. C’est surement pour ces mérites-là qu’on m’a désigné pour être décoré en tant qu’agent de la DAF ».

Le chef de service prospection au Bureau Burkinabè du Droit d’Auteur (BBDA), Kangnéopoli Onadja a été aussi décoré après 21 ans de service. Qu’avez-vous fait pour être décoré ? A cette question, avec modestie le récipiendaire va répondre, « je ne saurai vous le dire. Sincèrement, je ne peux pas m’apprécier. C’est mes supérieurs qui peuvent le faire. Mais je sais que parmi mes atouts, c’est surtout ma probité ».

Malick SAAGA  

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