Faso Academy: Arrêter de tuer les talents

Faso Academy: Arrêter de tuer les talents

Les lampions se sont éteints sur l’édition 2019 de Faso Academy (FAC). Les regards sont désormais tournés vers le rendez-vous de l’année prochaine. Cette émission de téléréalité produite par la Radiodiffusion Télévision du Burkina (RTB), accroche, pendant les vacances, des milliers de spectateurs devant leur petit écran. Cette année, de nombreuses innovations ont été apportées au « Tremplin des futures stars » (slogan de l’émission).

Il s’agit, entre autres, de l’inscription sur une plateforme WhatsApp, l’élargissement du jury aux mélomanes, la prestation en live, et en acoustique, etc. et l’organisation de plateaux spéciaux en dehors des quatre poules (Ouagadougou, Bobo-Dioulasso, Tenkodogo et Kaya). Cette recherche permanente de la perfection est à saluer à plus d’un titre, notamment en ce qui concerne le choix d’étendre le jury à d’autres sensibilités.

Car, l’un des objectifs de FAC, faut-il le rappeler, est de dénicher de nouveaux talents et de les mettre à la disposition des promoteurs burkinabè. Afin de remplir pleinement ce  noble objectif, les organisateurs doivent, pour notre part, demeurer dans cette dynamique.

La période de lancement du concours doit être davantage améliorée, voire circonscrite uniquement à celle des vacances scolaires. Au cours des éditions passées, l’on a assisté à des manches éliminatoires et des finales entre fin septembre et début octobre. En d’autres termes, la dynamique équipe de FAC doit mettre tout en œuvre pour que la compétition entre la mi-juillet et la mi-septembre.

Car, à l’approche de la rentrée des classes, le regard des téléspectateurs est tourné vers d’autres préoccupations. Ce qui a par ricochet des conséquences sur l’audimat. Nous nous appesantirons surtout en ce qui concerne la mue opérée au niveau du jury. Sur ce plan, ils gagneraient à faire exclusivement appel à des musiciens outillés, et à des arrangeurs aguerris. Un seul, nous disons bien un seul professeur de musique pourrait être associé. Les avis techniques, parfois « trop » techniques tuent à jamais, de notre point de vue, le talent de nombreux académiciens. Cet « assassinat » a indiscutablement d’énormes répercussions négatives sur l’avenir de notre musique.

Et puis, soulignons-le, face à des critères assez techniques, même un chanteur chevronné pourrait échouer. Ce serait donc souhaitable, très sérieusement, que des musiciens expérimentés et des critiques d’art musical portent un jugement objectif sur des artistes musiciens en herbe ou en devenir. Qui mieux que des musiciens mieux outillés techniquement (théorie et pratique) pour  juger les plus jeunes dans la musique?

Car, comme le dit les Ecrits sacrés, « Un aveugle ne peut conduire un aveugle, dans le cas contraire, ils tomberont tous deux dans une fosse« .

La Rédaction

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