Festival « Dialogues de corps » 2020 : Une cérémonie d’ouverture énergétique

Festival « Dialogues de corps » 2020 : Une cérémonie d’ouverture énergétique

Nous étions à la cérémonie officielle d’ouverture de la 13e édition du plus grand festival international de danse au Burkina Faso, « Dialogues de corps ». Les discours protocolaires ont laissé place à l’expression corporelle énergétique d’entrée de jeu, à cette soirée du 9 décembre 2020 au Centre de Développement Chorégraphique La Termitière, à Ouagadougou.

Slow Show

En lieu et place des allocutions protocolaires, comme nous avons l’habitude de le constater dans la plupart des cérémonies solennelles, c’est un spectacle qui plante le décor marquant l’ouverture officielle de la 13e édition du plus grand festival international de danse contemporaine au Burkina Faso, « Dialogues de corps ».  Dès le coup de 17 heures 30 minutes, les officiels et autres invités ont été conduits dans les gradins désuets et vétustes du Théâtre populaire Désiré Bonogo, pour découvrir le spectacle d’ouverture, « Slow Show » de Dimitri Chamblas des Etats-Unis d’Amérique. Les danseurs, plus d’une trentaine ont  assailli l’espace pour raconter une histoire muette à la fois collective et individuelle. La scène nous transporte dans un univers calme et silencieux où chaque artiste fixe son mouvement tout en se mouvant en ralenti. C’était le plat d’entrée de la soirée.

Les réfugiés …

Comme si nous étions dans un spectacle déambulatoire, le public baroude vers une autre scène plus fun, érigée à l’occasion. C’est maintenant le lieu indiqué pour installer les invités et prononcer quelques mots de bienvenue. Le projet Hors Limite 3 a laissé découvrir le potentiel artistique de jeunes réfugié(es) malien(nes) et déplacés burkinabè. Ils ont présenté un spectacle émouvant comme des professionnels de la danse. Et le plus expressif dans leur déroulé artistique a été leur souhait pour un retour à la paix dans leur pays.

« Vous avez vu les jeunes réfugiés qui sont venus de Mentao, de Djibo et de Dori ? Alors, ça fait cinq ans qu’on vit avec eux qui sont dans ces camps. Et quand on va dans un camp de réfugiés on ne peut pas décrire ce qui se passe. C’est tout simplement inhumain ce qu’on découvre dans ces endroits clos, de renfermement, de repli. Y aller pour partager l’art, servir la danse, c’est répondre aussi à l’humanité  de cette façon. Mais depuis deux ou trois ans, on ne peut plus aller dans les camps mais nous avons toujours voulu que ces réfugiés nous rejoignent à Ouagadougou pour partager des moments. Quand ils sont ici, ils sont tout simplement rayonnants et c’est ce qui est important pour nous », a expliqué le directeur artistique de Dialogues de corps, l’international danseur chorégraphe Salia Sanou. La danse est selon lui, un art qui permet de tisser le lien, qui permet au corps de dire oui ou non. La danse permet surtout de communiquer et de partager d’où le thème de cette édition : « Nos solitudes partagées ».

Salia Sanou

Salia Sanou a par ailleurs saisi l’occasion pour formuler une doléance au maire de la ville de Ouagadougou, Armand Béouindé, celle qui consiste à réhabiliter le Théâtre populaire Désiré Bonogo, construit en 1986 par feu Thomas Sankara. Il a transmis une étude architecturale dans un document afin que le bourgmestre s’en imprègne. « Nous allons faire une bonne exploitation de ce document et ensemble, nous allons faire de ce site un pôle culturel de la ville de Ouagadougou », a répondu favorablement le maire.

La suite de la soirée d’ouverture de Dialogues de corps 2020 s’est déroulée au grand studio du CDC La Termitière. L’ancienne ministre burkinabè en charge de la culture, Bernadette Dao et Lassann Congo, l’un des premiers formateurs des grands noms de la danse contemporaine dont Salia Sanou, ont aussi présenté une poésie de la danse, accompagnés de deux musiciens.

Jusqu’au 13 décembre prochain, les festivaliers auront toute la latitude d’apprécier 25 spectacles programmés. Des tables-rondes et des ateliers de formation seront également de mise.

En rappelle, le festival « Dialogues de corps » est une initiative de Salia Sanou et Seydou Boro, tous deux danseurs chorégraphes internationaux. A la cérémonie d’ouverture, Seydou Boro était par contre absent.

Malick SAAGA          

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