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« Katanga, la danse des scorpions » : Un film burkinabè à l’ancienne en quête de l’Etalon d’or de Yennenga 2025
« Katanga, la danse des scorpions » était en projection au Centre national de presse Norbert Zongo, le 25 février 2025. Inspiré de la Tragédie de Macbeth de Shakespeare, le réalisateur Dani Kouyaté, en 113 minutes et dans une approche métaphorique, explore le pouvoir traditionnel et ses dérives. L’œuvre d'un format noir et blanc est une fable politique. En lice pour l’Etalon d’or de Yennenga dans le cadre de la 29e édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO), l'espoir est peut-être permis.
« Katanga, la danse des scorpions » est un film long métrage fiction du réalisateur d’origine burkinabè, Dani Kouyaté. Il est en quête de l’Etalon d’or de Yennenga, le sacre suprême de la 29e édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO). Après sa projection, il est permis d’affirmer mais sans aucune prétention, qu’il a toutes ses chances de décrocher le troisième Etalon d’or de Yennenga pour le Burkina Faso, après donc « Tilaï » de feu Idrissa Ouédraogo en 1991 et « Buud-Yam » de Gaston Kaboré en 1997.
Ce film « Katanga, la danse des scorpions » est certes une adaptation de la Tragédie de Macbeth de Shakespeare. Mais, à bien des égards, l’histoire semble universelle. Car la conquête du pouvoir parsemée très souvent de complot, d’abus, de trahison mais aussi de loyauté et d’intégrité se constate dans toutes les sociétés. Noirs, Blancs, Jaunes, Arabes… en fait toutes les races que nous connaissons ont des mythes et légendes presque similaires que nous avons déjà entendus. Le réalisateur Dani Kouyaté dans « Katanga, la danse des scorpions » sort du temps et de l’espace pour proposer une réalité évidente d’ici et d’ailleurs.
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Le film « Katanga, la danse des scorpions » a toutes ses chances de remporter l’Etalon d’or de Yennenga.
Le film dépeint la boulimie du pouvoir. C’est l’histoire de Katanga qui, avec la prédication du devin et la complicité de son épouse s’est vu galvaniser. Il entreprend alors de renverser son cousin, le roi Pazouknaam. Après avoir pu mettre son plan à exécution, il décide de faire le nettoyage autour des fidèles et serviteurs loyaux du défunt roi. Assassinats, exécutions arbitraires et autres crimes odieux de Katanga ont fini par polluer l’atmosphère et provoquer une révolte sans équivoque. Les veuves, les épouses des exilés, les sages et autres gouvernés vont monter au créneau pour contraindre le roi sanguinaire Katanga au suicide. Le bonnet est ainsi revenu au successeur légitime.
Ce film est entièrement en langue vernaculaire, mooré sous-titré en français. L’image est exclusivement en noir-blanc. « Le format noir et blanc, c’est pour camper le film dans la métaphore, dans l’onirisme, parce que c’est un conte intemporel. L’intemporalité est un peu accentuée par le fait qu’on sort de la couleur pour entrer dans le noir et blanc, pour donner une forme onirique au film. Le cinéma a commencé en noir et blanc pendant plusieurs années avant que la couleur arrive », a expliqué le réalisateur.
Du reste, le costume, le décor, les acteurs de renom du théâtre et du cinéma au Burkina Faso (Dr Prosper Kompaoré, Ildevert Meda dit le Maestro, Rasmané Ouédraogo dit Raso, etc.), la qualité du jeu d’acteur, entre autres sont bien réfléchis. « Katanga, la danse des scorpions », de notre avis est une master class pour la jeune génération d’acteurs africains. « Nous ne mettons pas assez d’accent sur l’acteur, or c’est lui qui fait le film. Nous avons de très grands acteurs que nous n’exploitons pas assez. C’est la même chose avec nos langues, nous ne les exploitons pas assez alors qu’elles sont très fortes et peuvent enrichir et nourrir notre imaginaire et nos rêves. Et nos acteurs, pour peu qu’on prenne le temps de les chercher, de les diriger, de causer avec eux, de réfléchir et de travailler en profondeur, on peut atteindre des niveaux très élevés », a confié Dani Kouyaté.
« Katanga, la danse des scorpions », dans ce présent FESPACO a toutes ses chances de remporter un Etalon d’or de Yennenga, le 1er mars prochain.
Ram OUEDRAOGO
Kulture Kibaré